Propagande informatique

A l’origine, le discours dominant sur l’informatique nous promettait une ouverture d’esprit accrue, orientée vers la liberté des échanges non-marchands, un accroissement de la connaissance et surtout une diminution de toutes les tâches réputées rébarbatives, grâce au recours à cette technologie miraculeuse capable d’assumer à la perfection toutes les tâches qu’on voudrait bien lui confier.

Critique technologique
Bell telephone computer, 1922

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John Ruskin (1819-1900)

Critique de la technologie
Fabrique de locomotives en Angleterre.

Critique d’art anglais, mais aussi philosophe social et économiste. Ce spécialiste de Turner et des Préraphaélites publie en 1862 Unto This Last, un petit ouvrage qui rassemble quatre articles sur les premiers principes d’économie politique parus dans le Cornhill Magazine de 1860. Influencé par son mentor Thomas Carlisle, il y remet en cause la conception classique de économie politique, dans laquelle il ne voit qu’un simple art de gagner de l’argent. Peu de temps après, il renouvelle, dans une série d’articles publiés dans le Fraser’s Magazine de 1862-63, ses attaques contre les économistes, qu’il accuse d’ignorer ce qu’est la véritable valeur. Cette série d’articles est rassemblée en 1872 dans un autre petit ouvrage intitulé Munera Pulveris.

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Nos cerveaux ne sont pas à conquérir!

Une critique du Human Brain Project (article repris de 2015)

Un patriotisme unanime

Tambours ! Trompettes !
Le Human Brain Project, le méga projet de simulation du cerveau humain coordonné à l’EPFL, a gagné le concours du « milliard de l’Europe », dans le cadre du plan de la commission européenne « FET Flagship », entendez le bateau-amiral, la figure de proue des technologies futures et émergentes. Le lobby des parlementaires suisses, emmené par Anne-Catherine Lyon pour booster le réseau d’influence de l’institution à la botte de Patrick Aebischer, a été efficace.

Critique du human brain project
Logo du human brain project. Source: humanbrainproject.eu

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John Stuart Mill (1806-1873)

Philosophe de la liberté, mais aussi de l’émancipation des femmes, il s’oppose au contrôle illimité de l’Etat et de la société et développe une pensée sociale, politique et économique autour du principe éthique de l’utilitarisme emprunté à Jeremy Bentham. Il s’est aussi intéressé à la méthode scientifique à la suite de William Whewell, John Herschel et Auguste Comte. Sa pensée économique, développée dans ses Principles of Political Economy (1848), contient une théorie de l’état stationnaire (« stationary state »), dans laquelle il étudie les conséquences d’un plafonnement du développement industriel.

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Benjamin Constant (1767-1830)

En disciple d’Adam Smith, qu’il cite à plusieurs reprises, Benjamin Constant dénonce l’industrialisme, ou plus précisément la politique gouvernementale en faveur des manufactures, qu’il juge menaçante pour le bon fonctionnement de l’économie. Celle-ci requiert en effet la liberté, afin de fonctionner selon les lois naturelles. Constant est donc un libéral résolu qui croit, comme Adam Smith d’ailleurs, en la supériorité naturelle de l’agriculture sur l’industrie.
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Marc-Auguste Pictet (1752-1825)

Critique technologique
Les forges de Coalbrookdale la nuit, d’après une toile de Philipp Jacob de Louthenbourg (1801) (Science Museum, Londres ; © Wikipedia Commons). L’un des symboles les plus largement reconnus de la première révolution industrielle.

Quoique physicien et membre de plusieurs des principales Académies scientifiques de son époque, Pictet peut prétendre au titre de premier critique en date du processus industriel, aux côtés de son ami Sismondi et dans une moindre mesure de Benjamin Constant, son prédécesseur au Tribunat. Continuer la lecture de « Marc-Auguste Pictet (1752-1825) »

Adam Smith (1723-1790)

The Wealth of Nations (1776)

Titre complet: An Inquiry into the Nature and Causes of the Wealth of Nations;

trad. fr. : Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, ou: De la richesse des nations.

Ce texte de référence de la pensée libérale n’est certes pas à proprement parler un ouvrage technocritique. Néanmoins, ce n’est pas non plus une apologie sans restriction du développement industriel et du machinisme, d’ailleurs encore difficilement perceptibles à l’époque. Dans cette perspective, l’intérêt de la pensée de Smith réside dans sa critique des externalités qui limitent le bon fonctionnement de l’économie (et donc l’action de la « main invisible »), en particulier les monopoles, les taxes préférentielles, les lobbies, et tous les privilèges accordés à certains acteurs de l’économie au détriment des autres. Continuer la lecture de « Adam Smith (1723-1790) »

Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

Illustration période préindustrielle
Une manufacture typique de la période préindustrielle : la faïencerie. Ce type d’entreprise pratique déjà une division élaborée du travail, tel que la préconise Adam Smith pour sa fameuse manufacture d’épingles (Recueil de Planches de l’Encyclopédie [méthodique] par ordre de matières, t. II, Paris, Pancoucke, 1783. Fayencerie, Pl. I).
Jean-Jacques Rousseau fut l’un des tout premiers, avec Diderot, à comprendre le caractère aussi déterminant qu’irréversible de la technique pour l’homme et les sociétés modernes [1]. Il se demanda en conséquent comment l’homme peut rester libre et indépendant dans un monde livré à la technique [2].

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