Soirées à Pôle Sud

Nous avons le plaisir d’annoncer pas moins de quatre soirées organisées par le collectif qui auront lieu de janvier à mai à Pole Sud, av Jean-Jacques Mercier 3 à Lausanne:

  • 23 janvier 20h: Débat autour de la voiture autonome précédé d’une courte mise en scène en guise d’introduction (télécharger l’affiche).
  • 20 février 20h: Soirée musicale autour de cet art et la façon dont il est considérablement impacté par la technologie.
  • 10 avril 20h: Les fermes verticales, solution d’avenir? Projection d’un documentaire suivie d’une discussion.
  • 22 mai 20h: L’école d’ingénieurs, temple du progrès ou usine des inégalités? Conférence gesticulée à trois voix sur la doctrine et les réalisations de l’EPFL (Ecole polytechnique fédérale de Lausanne).

Entrées libres et bar ouvert, venez nombreux! Davantage d’informations sur polesud.ch. Au plaisir de vous rencontrer à l’une ou l’autre de ces soirées.

Bientôt une réalité? Prenons maintenant le temps d’en discuter…

Un accélérateur du désastre

En décembre 2015, les médias romands annoncent l’arrivée dans la région lémanique d’un « incubateur » ou « accélérateur » américain de start-up appelé MassChallenge. Soutenu localement par les industriels Nestlé et Bühler, ainsi que par le Swiss Economic Forum et le réseau Inartis, il organise un événement de lancement en février 2016 au Campus Biotech de Genève. On nous vantait déjà à longueur d’année les « jeunes pousses » créées à grand renfort de fonds et de fondations pour le « transfert de technologies » par de jeunes diplômé·e·s de l’EPFL (école polytechnique fédérale de Lausanne). Désormais, on passe au stade supérieur, avec ces dits accélérateurs qui seraient déjà légion dans le monde de la high-tech.

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Georges Bernanos (1888-1948)

Critique technologique
Georges Bernanos vers 1940 (© Wikipedia Commons)

Ecrivain catholique et monarchiste, proche pendant un certain temps de l’Action française, et combattant volontaire de la Première guerre mondiale, Georges Bernanos illustre une fois de plus la variété des horizons politiques des auteurs technocritiques, et en l’occurrence la fréquence des critiques d’origine conservatrice. L’auteur de Sous le soleil de Satan (1926) et du Journal d’un curé de campagne (1936) a en effet publié en 1944 un petit ouvrage intitulé La France contre les robots, dans lequel il critique violemment la société industrielle, estimant que le machinisme limite la liberté des hommes et perturbe jusqu’à leur mode de pensée. Bernanos considère que la libre-entreprise, en satisfaisant les vices de l’homme plutôt que ses besoins, ne conduit pas au bonheur. Il rappelle que la concurrence universelle des entreprises peut plonger des familles entières dans la ruine du jour au lendemain. Fidèle à sa pensée nationaliste, il estime cependant que la civilisation française est incompatible avec l’idolâtrie pour la technique qui caractérise le monde anglo-saxon.

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Friedrich Georg Jünger (1898-1977)

Ecrivain allemand, frère cadet d’Ernst Jünger. Engagé volontaire dans la Première guerre mondiale, il est grièvement blessé à la bataille de Langemark (1914). Après la guerre, il étudie le droit et l’économie jusqu’en 1923, lorsque l’occupation française de la Ruhr l’amène à radicaliser son nationalisme. Il publie alors Aufmarsch des Nationalismus (1926) où il réclame un réarmement technique et idéologique de l’Allemagne sur le modèle de l’Union soviétique.

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Lewis Mumford (1895-1990) : première période

Critique technologique
Usines Oriol et Alamagny sur la rivière Gier et la rue Vignette à Lyon (circa 1885).

Lewis Mumford est un auteur non-universitaire qui a choisi de vivre comme un écrivain indépendant. D’abord spécialiste de l’histoire de la littérature américaine, il s’intéresse également très tôt au cadre bâti et aux techniques. C’est d’ailleurs dans le champ de l’architecture et de la planification urbaine qu’il connaîtra, notamment avec The City in History (1961), ses plus grands succès. Dans le domaine des techniques, il est notamment connu pour Technics and Civilization (1934), qui conserve un certain optimisme, et pour The Myth of the Machine, ouvrage nettement plus critique dont les deux volumes paraîtront en 1967 et 1970.

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Nicolas Berdiaev (1874-1948)

Critique technologique
Nicolas Berdiaev (© Wikipedia Commons)

Nicolas Berdiaev est un philosophe chrétien russe qui a publié de très nombreux ouvrages en russe, mais aussi en français, dans lesquels il souligne notamment l’importance existentielle et spirituelle de la liberté humaine et de la personne. Issu à l’origine d’une famille aristocratique d’officiers, il adhère à la philosophie marxiste en tant qu’étudiant à l’université de Kiev, mais voit dans la révolution d’Octobre une menace pour la liberté de l’individu. En 1919, il fonde une « Académie libre de Culture spirituelle », où il passe en revue les thèmes d’actualité d’un point de vue chrétien. Nommé en 1920 professeur de philosophie à l’Université de Moscou, il est très vite accusé de conspirer contre le gouvernement, incarcéré, puis expulsé d’Union soviétique (1922). Réfugié à Berlin, puis à Paris (1923), il y anime une nouvelle Académie de philosophie et de religion et publie l’essentiel de son œuvre, dont un petit opuscule intitulé L’homme et la machine (1933).

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Écran total: résister à la gestion et l’informatisation de nos vies

La critique technologique n’est ni nouvelle, ni isolée. En France, le réseau Ecran total dénonce et s’oppose depuis plusieurs années au basculement de l’entier de nos sociétés et de nos vies vers le modèle industriel. Nous nous devions donc de relayer son communiqué, sorte d’état des lieux aussi pertinent que nécessaire et alarmant. Merci à eux!

“Depuis 2011, un certain nombre d’éleveuses de brebis et d’éleveurs de chèvres désobéissent à la directive européenne qui les oblige à poser des puces électroniques à l’oreille de leurs bêtes. Ils refusent de gérer leur troupeau par ordinateur et de se conformer aux nécessités de la production industrielle, comme la traçabilité. Ils s’organisent entre collègues, voisins, amis, pour répondre collectivement aux contrôles qu’exerce l’administration sur leur travail, et faire face aux sanctions financières qui leur sont infligées en conséquence.

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Gina Lombroso (1872-1944)

Critique technologique
Gina Lombroso en 1892 (© Wikipedia Commons)

Gina Lombroso est une femme de lettres, médecin et vulgarisatrice scientifique italienne. Fille d’un célèbre anthropologue et criminologue, qui l’oriente vers l’anthropologie criminelle et la psychiatrie, elle acquiert une double formation en lettres et en médecine,. Elle publie par la suite une dizaine d’ouvrages, dont L’âme de la femme (L’anima della donna, 1917-18 ; tr. fr. 1924), qui lui vaut d’être considérée comme une féministe, bien que ses idées n’aient que peu de rapports avec le féminisme actuel. Elle mérite surtout d’être connue pour son ouvrage sur Les tragédies du progrès industriel, (Le tragedie del progresso meccanico, 1930), une étude historique et morale du monde industriel moderne dans laquelle elle développe une vision pessimiste de la grande industrie et de son avenir. La crise de 1929, survenue peu avant la parution de l’ouvrage, peut expliquer en partie, mais en partie seulement, la conviction de l’auteur que la grande industrie finira par décliner et par laisser la place à une société plus décentralisée et moins standardisée, on dirait aujourd’hui plus « conviviale ».

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